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Découvrons "quelques mots"
d'histoire ainsi que notre Eglise et ses fresques |
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Cassanuelh
hier
et aujourd'hui Casseneuil |
| Presqu'île naturelle,
blottie dans un écrin verdoyant, elle doit son caractère
de beauté aux trois rivières qui l'enserrent :
Le Lot, La Lède, La Sône
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Le bourg, ancien village médiéval, a conservé
son église et ses maisons à pans de bois et de torchis dont
certaines en encorbellement sur la rivière. L'activité essentielle
de la commune est basée
sur la culture et la transformation de la prune d'ente, d'où le
nom de "patrie du pruneau". |
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Place Saint-Pierre et l'église Saint Pierre -
Saint Paul.
Réaménagée au XIXème siècle par la
démolition de la porte Saint Joseph
et l'arasement du cimetière qui entourait l'église, cette
place alors ceinturée par trois couverts (les cornières
ou ambans) fût de tout temps un centre de vie fort actif. |
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Son joyau monumental en est l'église dont les parties
les plus anciennes remontent au XIIIème siècle.
Elle fut jusqu'au XVI ème siècle plusieurs fois remaniée.
Derrière son portail, de style gothique flamboyant et aux voussures
décorées de feuilles de chêne et de pampres, Saint
Pierre - Saint Paul, possède, entr' autre, un remarquable retable
baroque du XVIIIème et de riches peintures murales.
A la simplicité picturale de XIIIème siècle, succèdent
diverses représentations : Christ en majesté entouré
du tétramorphe, remise des tables de la loi, anges louant le seigneur,
personnages en costumes du règne de Louis XII.
Ils évoquent l'ancien Testament, l'antiquité, les philosophes
et montrent du doigt des sentences moralisatrices. |
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Casseneuil est une vieille cité médiévale,
dont l'origine remonte à l'époque gallo-romaine, qui lui
a donné non nom : CASSINOGILUM, qui signifie "Clairière
dans la forêt de chênes".
Elle a connu des fortunes diverses. Ruinée et en partie détruite
par les Normands en 848, elle a été pillée et brûlée
en 1214 par les Croisés du Nord. Durant les siècles derniers,
elle a connu une certaine prospérité grâce à
la rivière |
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Trois rivières (Le Lot, La Lède , La Sône
) confluent aux pieds d'une colline molassique aux pentes abruptes,
le Pech Neyrat.
Pendant une très longue période de son histoire, la population
de Casseneuil s'est abritée dans cette presqu'île, à
l'intérieur des murs, protégée par les rivières
et un fossé situé à la place de l'avenue actuelle
du nouveau pont.
Centre historique, l'ancien Bourg castral, avec sa structure médiévale
dense, ses rues étroites, ses maisons à colombage. |
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Les moulins de la Lède à Casseneuil : 540
moulins répertoriés, en Lot et Garonne, 53 sont seulement
nommés et 177 ont une puissance inférieure à 2
C .V., 184 moulins de haute vallée ne marchent que par éclusée.
Les moulins de la Lède servaient à l'industrie du papier
et du fer, puis ont dû se reconvertir en filature et pressoir
à l'huile.
Certains ont disparu pour d'autres ils ne reste que quelques ruines.
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Nombre d'habitants: 2400 Superficie
: 1809 ha
Casseneuil à 10 km de
Villeneuve sur lot et 40 km d'Agen |
La presqu'île de Casseneuil fut de tout temps occupée.
Dès le XIème siècle, son habitat se développe
autour du château seigneurial.
Le premier bûcher de la croisade menée contre les hérétiques
Albigeois (les cathares) fut dressé à Casseneuil (1209).
Comme la ville avait été détruite lors du second
siège (1214), la reconstruction de la nouvelle cité s'étendit,
hors le bourg castral ou castrum.
Pour prendre sa forme définitive elle s'inspira de l'urbanisme
contemporain des bastides voisines.
Elle fut jusqu'au XIX ème siècle le domaine des tisserands,
teinturiers et marins de rivière, modeste population mais active. |
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Au bord de la lède on retrouve un alignement de
murailles qui trace avec netteté la limite du "rempart".
Avant la construction du barrage sur le lot, il dominait la rivière
d'environ six mètres.
Au début du siècle, l'évolution économique
ne permet plus aux tisserands et teinturiers de survivre.
Ils doivent cesser leur activité.
Leur quartier abandonné se détruit. |
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CASSENEUIL en AGENAIS
Au fil du temps, au fil des mots,
au fil de l'eau… |

CASSENEUIL : Un Site ancien |
Par les vallées de la Lède
, du Lot et de la Sône , voies de pénétration naturelles
riches en abris, nos "Ancêtres" arrivèrent dès
la Préhistoire en notre site privilégié : cours
d'eau, riches forêts, poissons, gibier, cueillette ...
La majorité venait de la haute vallée de La Lède
- où du Paléolithique au Néolithique (- 900 000
ans à - 2 500 ans) l'existence de l'homme est continuellement
attestée. Les autres suivirent les collines et terrasses en surplomb
du Lot. Ils furent là aussi, de tout temps présents.
Mais c'est au Néolithique (- 5 000 ans à – 2500 ans),
temps de la sédentarisation où l'homme devient agriculteur
et se fixe dans une communauté de plus en plus structurée,
que le verdoyant plateau du Pech Neyrat , ce "pech élevé"
qui domine nos confluences, vit le premier établissement humain.
Le site formé par nos Trois Rivières : le Lot, la Lède
et la Sône allait inéluctablement séduire "
l'homme ". La presqu'île naturelle l'attira et on peut affirmer
que, abandonnant la colline au temps des Gaulois, le premier village
s'y nicha, s'y replia.
Notre petite Cité, fédérée au « peuple
gaulois » des Nitiobroges, allait naître et se
trouver un patronyme " Clairière dans la forêt
de chênes " autrement dit Cassinogilum - Casseneuil
(1).
La guerre des Gaules vint. Au premier siècle, Excisum (l'actuel
quartier d'Eysses à Villeneuve/Lot ) situé à quelques
kilomètres, carrefour militaire essentiel, fut ville pôle
et généra de nombreuses implantations sœurs. Les villas
"romaines" se dorèrent au pied des pentes ensoleillées,
à proximité des cours d'eau. La Fargue , les
Prairies , Le Casse gardent dans leur chair
de terre des traces de ces implantations : Rome avait conquis l'Aquitaine
.
Après le déclin de l'Empire, la ville aux fortifications
ébauchées par les Wisigoths (V° Siècle) s'implanta
définitivement, douillettement blottie, entre Lot et Lède
.
Mais trois siècles plus tard, le Pech Neyrat, longtemps
délaissé se mit à revivre : Charlemagne visiteur
Royal, y fonda, dit-on, sur le chemin des guerres Sarrasines, une villa
royale, résidence d'été.
Il y laissa, à son départ en campagne contre les Maures,
outre Pyrénées, son épouse enceinte, la reine Ermengarde.
Louis le Débonnaire serait donc né chez nous en 778 et
y aurait vécu surtout en son enfance comme Roi d'Aquitaine. Cette «
vérité historique » est discutée.
Cependant il est indéniable que la colline escarpée,
éperon défensif, fut utilisée durant cette période.
Autre fait marquant, le Lot voie navigable utilisée depuis l'Antiquité,
fut hélas parfois remonté par des visiteurs moins pacifiques.
En 848 , les Normands ( Vikings ) saccagèrent la riche
Abbaye d'Eysses et détruisirent villes et villages
riverains ou proches de la rivière.
.....Suivit jusqu'au XIII ° siècle une longue période
mal connue quant aux événements locaux....mais qui vit
l'implantation du Bourg castral .
LES CATHARES
A partir de 1209, la mémoire de notre petite ville allait être
cruellement et indélébilement marquée.
AN 1209 : Le TEMPS DE L'HÉRÉSIE
Cette année-là, au mois de Juin, la croisade Quercynoise,
avec à sa tête l'Evêque d'Agen, se dirigeait vers
le Languedoc et Béziers. Elle allait rejoindre l'immense ost
des Croisés de « France » qui
lui, descendait le couloir du Rhône.
Elle répondait à l'appel du Pape INNOCENT III, qui avait
demandé aux soldats du Christ d'aller combattre les hérétiques
Albigeois que plus tard on appellerait Cathares .
Elle passa par notre ville.
Casseneuil gagnée à la religion nouvelle fut assiégée.
Vaillamment défendue par Seguin de Balencs, elle ne fût
pas prise. On conclut un accord, libérer la ville contre argent
sonnant et trébuchant et sous condition que les hérétiques
abjurent. La majorité d'entre eux resta fidèle à
leur foi et le poète anonyme, auteur de la Canso (2) se
plaint douloureusement :
" Maintes belles hérétiques.." furent jetées
aux flammes.
Ce fut le premier bûcher de cette croisade. La liste des martyrs
occitans ne faisait que commencer.
Ce fut le début d'un long conflit dans toute notre Occitanie.
Les combats succédèrent aux combats ...Les massacres aux
massacres ...Le pays ravagé subissait un jour.... se rebellait
le lendemain... |
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AN 1214 : LE SECOND SIÈGE
Casseneuil est retombée dans ses "errements". Simon
de Montfort, généralissime de l'armée Catholique
s'est personnellement déplacé. Pierre des Vaux de Cernay,
l'auteur de « l'Historia Albigensis »,
le chantre de l'Armée Chrétienne est là. La Cité
le séduit :
...." Casseneuil était une ville de l'Agenais belle
et très fortifiée; elle était bâtie dans
une plaine agréable au pied d'une colline : des cours d'eau l'entouraient,
dominés par des roches vives "....
Le siège malgré la ténacité de ses défenseurs
se termina par la prise de la cité. Casseneuil était commandée
par Hugues de Rovignan, frère d'Arnaud, évêque d'Agen
qui lui participait à l'assaut côté catholique.
Hugues «était bon chrétien mais comprenant que la
guerre n'était plus religieuse mais politique et se terminerait
par la conquête de l'Occitanie au profit du roi de France, il
avait changé de camp ». Les croisés furieux
d'avoir longtemps été tenus en échec se vengèrent
cruellement. Tous les survivants furent passés au fil de l'épée.
Casseneuil, par le traité de Meaux-Paris (1229) allait être
démantelée, brisée, mise sous surveillance. Mais
nous y reviendrons.
LA GUERRE DE CENT ANS
Quelques cent ans plus tard, dans les années 1324 -1325 , l'affaire
de Saint-Sardos, petit village voisin, allait dans un territoire en
pleine expansion, celui des Bastides, transformer une querelle dynastique,
en guerre.
Une guerre qui allait durer, jusqu'en 1453, soit plus de Cent Ans .
Comme dans toute la Guyenne, les féodaux locaux, oscillèrent
au gré des événements et de leurs intérêts,
du parti Anglais-Plantagenet au parti Français-Valois. Mais la
misère, née de la guerre et de ses ravages, fut profonde
: terres sans cultures, pestes (dont celle de 1348 et la Peste Noire
) s'en vinrent décimer le pays et sa population.
C'est pourtant paradoxalement, à la fin de cette guerre de Cent
Ans (fin XV° début XVI°) que l'Eglise Saint-Pierre-Saint-Paul
, fut dotée de ce joyau pictural que constituent les fresques
des voûtes et les peintures murales. De style et d'inspiration
différents elles vinrent s'ajouter à celles réalisées
après la reconquête religieuse de la Croisade (fin XIII°)
, sous la direction morale des Dominicains. Acte de foi après
les malheurs récents ? dotation d'un Seigneur, mécène
enrichi par la guerre ? Les deux sans doute. Toujours est-il que notre
patrimoine s'enrichit d'une très remarquable oeuvre d'art. |
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LES GUERRES DE RELIGION
François de Montferrand, Seigneur de Casseneuil, ne sait pas
en 1562, lorsqu'il prend part aux représailles sanglantes que
les Catholiques exercent contre les Protestants, meurtriers de son oncle
le Comte de Fumel, que cette guerre civile va, pour lui, durer jusqu'à
ce qu'Henri de Navarre devienne sur le trône de France : Henri
IV ( 1594 ).
Sa haine des Protestants poussa François à prendre le
parti de la Ligue Catholique et il devint dans nos contrées,
le chef de " l'Union " et gouverna Villeneuve
/ Lot, s'empara de Penne et Monflanquin
... qu'il ne rendit qu'au couronnement du Roi Gascon.
Lors de l'accession au pouvoir de " nosté Henric ",
ce catholique invétéré, fin politique, diplomate
rusé, fit sa soumission par une lettre fort habile qui lui valut
de rester, au grand regret de ses habitants, Gouverneur de Villeneuve/Lot
.
Pendant la Fronde , en 1651, notre Seigneur local, un Montferrand encore
et toujours un François , fils du précédent, décidé
à ne pas prendre parti et à ne pas combattre ses amis
rebelles, se chargea de bien protéger sa ville, s'y enferma solidement
et intrigua pour que les combats se déroulent en d'autres lieux
que sur ses terres.
La famine fût pourtant présente. L'incident de 1652 le
prouve. Cette année-là les femmes arrêtèrent
les bateaux qui naviguaient sur le Lot . Les marchands de Clairac pillés
à bord de leur gabarre (3), élevèrent
une vigoureuse protestation, et allèrent en justice.
LA RÉVOLUTION
Dans cette chronologie événementielle, un des derniers
épisodes connus, célèbre et révélateur
se situe lors de la période révolutionnaire.
Au moment de la Grande Peur de 1789 , "les Six mille
brigands " partis de Casseneuil où ils avaient tout
ravagé, pour se rendre sur Agen et l'anéantir, ne furent
que fantasme né d'une gigantesque fausse nouvelle et d'une hallucination
collective. Par contre bien réelle fût en février
1790, véritable « Jacquerie », la marche sur
Casseneuil des paysans…
Le 03 février de cette année-là, 1 200 paysans,
tenanciers en colère, descendirent de Cancon et de
ses environs pour assiéger la ville. Ils venaient affronter le
Comte de Beaumont. Glorieux marin aux brillantes campagnes militaires,
il était devenu, pour assurer sa fortune, propriétaire
de la Baronnie de Casseneuil et de Cancon et jouissait de ses revenus.
Se refusant à toute « abolition des privilèges ».
Il ne comprenait pas le Duc de Richelieu, son voisin, propriétaire
d'Aiguillon dont on connaît la prise de position dans la célèbre
nuit du 4 Août 1789.
Mais avertis et bien abrités derrière leurs remparts,
la Milice Communale ( qui ne savait trop à qui se rallier :
seigneur ou paysans) et le Seigneur attendaient, prudemment derrière
leurs murailles. Conforté par les renforts accourus des villes
voisines, toutes portes fermées, Mr de Beaumont ouvrit les négociations.
On résolut, non sans mal, le problème, au prix de concessions
faites, à regret et avec mauvaise volonté, par le «ci-devant
Beaumont».
Mais que l'émotion avait été chaude !
II - ECONOMIE ET URBANISME
Revenons au Siège de 1214
Sa conséquence en fut le démantèlement de la ville.
Blanche de Castille, Régente toute puissante, a fait pression
sur Raymond VII, le Comte de Toulouse. Ce dernier possède le
Comté d'Agenais dont Casseneuil. Le 12 Avril 1229, au traité
de Paris-Meaux, l'héritier de" la dynastie des Raymond "
vaincu, cède et accepte notamment de faire : "détruire
entièrement les murs de la ville de Toulouse..." et "
j'en ferai de même de trente châteaux ou villes , savoir
: (suit une longue énumération de villes et forteresses
dans laquelle figure Casseneuil en Agenais")
Casseneuil, la belle ville n'était plus.
Mais pire encore, on allait la punir. Comme elle avait été
fidèle au parti languedocien, qu'elle avait fait le mauvais choix,
on l'entoura tout alentour, d'une ceinture de bastides :..... Villeneuve/Lot,
Castelnaud-de-Gratecambe, Saint Pastour , Monclar, Sainte-Livrade-sur-Lot....
Cette mise sous surveillance, si elle irrita les responsables de l'époque,
fut surtout une incitation, une motivation supplémentaire, provoqua
un désir d'innover pour assurer survie et renouveau.
Notre Cité avait pour atout, les rivières, supports économiques
essentiels, utilisées comme source d'énergie (les "chaussées"
avec leurs moulins) et aussi comme axes privilégiés de
circulation des marchandises et des produits.
Riverains du Lot, sur lequel on navigue déjà jusqu'à
Bordeaux, les gens de Casseneuil savent la force majeure que représentent
les cours d'eau. Comme leurs puissants féodaux, Seigneurs à
la fois de Casseneuil et de nombreux fiefs et moulins situés
en amont sur la Lède, ils ont toujours lutté, pour avoir
la main- mise sur les rivières. Ils ont une certitude, leur ville
ne pourra être que reconstruite et reprendra son essor.
Ils ne se trompaient pas.
Malgré ses vicissitudes la ville allait se relever. Déjà
en 1306, la reprise était amorcée. L'activité portuaire,
bien connue pour cette année là par les comptes de la
coutume de Bordeaux, redevenait intense, les vins et eaux-de-vie y figurant
pour l'essentiel.
De plus le Lot, en raison de la création de nombreux barrages
(les payssières ), financés en partie par les
princes Anglais, allait devenir dès 1311, navigable à
partir de Cahors. |
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RECONSTRUCTION D'UNE
VILLE
Casseneuil avant sa démolition, en 1214, était
un bourg castral qui comprenait, comme habituellement, un fort et une
ville.
Le fort quartier aristocratique du bourg castral était isolé
par une enceinte fortifiée et un fossé dans lequel se
regroupaient les tours et les logis seigneuriaux (Quartier St Pierre).
La ville adjacente était contenue dans une clôture ouvrant
par des portes et constituée tantôt par un mur d'enceinte
( le mur de ville) tantôt par le front plus ou moins linéaire
des maisons adossées à la clôture.
Dans cette organisation spatiale du bourg s'ajoutait un deuxième
centre de commandement seigneurial, car nous sommes en pays de co-seigneuries.
Il s'agissait du fort Saint-Martin qui dominait le confluent du Lot
et de la Lède.
A l'époque de la croisade des Albigeois le bourg castral ou
castrum était partagé entre les deux lignages des seigneurs
défenseurs de la ville lors des sièges de 1209 et 1214,
les Balencs et les Rovignan.
Nous disions que la ville allait renaître. Mais quelle ville
?
Une ville, à l'urbanisme inspiré du grand mouvement de
l'époque, les Bastides.
Tout à Casseneuil : situation géographique, contexte
historique et même acte juridique, s'y prête.
Hors les deux quartiers où se situent le châteaux seigneuriaux
des bords de Lède et de Saint Martin, l'urbanisation de la presqu'île
ressuscitée
- quadrillage bien précis
- présence d'une halle
- présence de cornières
- typologie des maisons et matériaux usités
- voirie hiérarchisée
est bien celle des villes voisines nouvellement créées
pour lui nuire, pour la réduire.
C'est dans ce cadre, qui restera inchangé, immuable, jusqu'à
XIX ° siècle, quant au linéaire des rues, que Casseneuil
va vivre de la batellerie. Nombreux sont dans la ville les maîtres
de bateaux, matelots, charpentiers de marine. On trouve aussi de nombreux
tonneliers, confrérie très importante, car farines, eaux
de vie, vins, pruneaux, tous conditionnés en tonneaux, en barriques,
en minots (pour les farines) constituent l'essentiel du fret. Les négociants
aussi, investisseurs indispensables dont certains ont un Comptoir à
Bordeaux et parfois des commis jusqu'en Hollande et dans l'Europe du
Nord, sont fortement représentés.
Si le commerce était vivant, les habitants avaient mauvaise
réputation. On se rappelait qu'en 1628 et 1631 lors de la peste
qui sévit douloureusement en Agenais et en 1652 lors de la Fronde,
les femmes de la ville s'étaient livrées, - famine oblige
-, au pillage des Gabarres.
Mais en dépit de ces exactions, le trafic du port, malgré
des difficultés diverses ne se ralentit pas. L'on sait notamment
qu'en 1718 , Casseneuil "exporta" 6000 sacs de grains et 3
000 pièces d'eaux de vie.
Les Consuls qui se flattent de ces chiffres, ne les avancent que pour
préciser que Casseneuil était le "Port de marchandises"
des juridictions de Villeréal, Castillonnès, Causac, Montastruc,
Saint Pastour, Castelnaud et autres. Ils signalent ce fait à
Intendant de Guyenne à Bordeaux, car quémandent-ils, il
faut améliorer les routes qui convergent vers Casseneuil, centre
vital…
Et tout au long des Siècles, nos édiles, nos commerçants
se battront pour améliorer ces voies de communication dont dépend
la fortune des Casseneuillois et de leur arrière-pays.
Les pouvoirs publics, à l'échelon national, les entendront
parfois. Colbert travaillera, contribuera à un réaménagement
du Lot. Mais c'est la Monarchie de Juillet 1830 qui fera le plus gros
effort.
Sous elle, on bâtit une Ecluse moderne, on reconstruit les quais,
on crée en 1842 le Pont Suspendu.
En 1850 , en voyant l'incessante noria des Gabarres qui de Cahors à
Bordeaux transite par Casseneuil, nos prédécesseurs se
disent qu'ils ont investi pour des siècles. |
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LES XIX °et
XX° SIÈCLES-
Le vingtième siècle les fera déchanter.
L'invention du Chemin de fer, la guerre de 1914-1918, ralentissent,
condamnent la navigation. Mais si le LOT est déclassé
en 1926, dans la mémoire collective, l'année fatidique
est 1900.
Fin du XIX° siècle terrible pour les agriculteurs de la
vallée du Lot, ceux-là même qui dans les années
1850, avaient à côté des vieilles maisons de ferme,
basses et mal aménagées, construit ces superbes maisons
de Maître :".... Carrées avec à l'étage
un immense grenier -réserve dans lequel on circule aisément
debout. Au rez-de-chaussée, un large et long couloir central,
qui sert de salle à manger lors des repas en commun des vendanges,
des battages ou de tout autre travail collectif où tous les voisins
coopèrent, s'entre aident . "
Eux aussi croyaient investir pour l'éternité, dans une
ère de prospérité.
Pourtant, le Phylloxéra détruisant le vignoble à
la fin des années 1890, entama la décadence matérielle
et la crise agricole. Heureusement la préparation et le commerce
de la prune réussirent à amortir la chute financière
des exploitations.
Aux environs de 1910, nouvelle catastrophe. La mortalité du
prunier d'ente apparaît. Se crée alors une petite industrie
orientée vers la fabrication des conserves de petits pois, de
légumes : les petites cultures sortent du domaine de l'accessoire
pour devenir principales ; on irrigue, on essaie d'être les premiers
sur les marchés, de présenter des produits de qualité.
Naissent, artisanalement, les premières Conserveries, les fabriques
de conditionnement et d'emballage du Pruneau d'Agen, ce à l'initiative
de familles novatrices : les Lafon, Barbariche, Senchou. Ne pas oublier
non plus, la filature de la famille Mandis, bel exemple de reconversion
de moulins devenus "filateurs" ou à « foulons »…
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La guerre de 1914-1918, entraîne
le développement de petites fonderies (Lescazes) et l'arrivée
de main d'œuvre masculine espagnole appelée à remplacer
les hommes qui sont au front. Industries situées près
du Lot, près de l'eau source d'énergie, et remplacées
bientôt par les Tréfileries et Laminoirs du Havre qui veulent
s'éloigner des zones à risques (de guerre) du Nord de
la France.
La crue de 1927, dévastatrice, chassera les T.L.H. qui iront
s'implanter sur le site de "Sauvaud" non inondable et dans
un espace propice à une extension conséquente.
Les T.L.H. y demeureront jusqu'en 1964, avec plus de 100 emplois masculins
et seront source de rapport et de dynamisme direct ou indirect pour
la Commune.
Senchou Frères, fondée en 1891, née d'une initiative
privée, se développera rapidement et l'après-guerre
1939-1945, en fera une des Conserveries (petit pois, haricot vert, tomate,
céleri, plats cuisinés, Pruneau,... ) les plus importantes
du Sud-Ouest et nationalement connue.
Il y eut jusqu'à 300 emplois salariés permanents à
l'époque (1967) où Cerebos, avec des capitaux Anglais,
décida de s'implanter en Europe et fit son acquisition.
Cerebos qui en 1979, changeant de politique commerciale, vendra à
Vetillard-C.C.R.F. qui exploitera jusqu'en 1989. A cette date l'entreprise
ira s'installer à Sainte Livrade sur Lot sur un site industriel
sinistré : la COPLOT.
Mais faisons un léger retour en arrière, pour rappeler
un événement lourd d'importance, tellement il influença
le devenir de Casseneuil.
Dans les années immédiates de l'avant-guerre 1939-1945,
le gouvernement français décida de créer dans la
Vallée du Lot une poudrerie nationale . Elle ambitionnait d'être
le pendant et l'égale de celle de Bergerac (Dordogne).
Le site choisi, obligatoirement à proximité d'une rivière
bien approvisionnée en eau, fut celui de la plaine entre Sainte
Livrade et Casseneuil. Dès 1936, on se lança allègrement
dans les expropriations et les premiers travaux. Pour héberger
les militaires qui viendraient assurer encadrement et protection, on
décida de construire des Centres d'Hébergement à
Cassseneuil, Bias, Villeneuve/Lot et Sainte Livrade sur Lot.
Dans notre Commune la construction de deux "Camps" fut entreprise
à "Sauvaud" et à "La Glaudoune".
Mais la guerre de 1939-1945 arriva plus tôt que prévu,
et jamais la Poudrerie, à peine ébauchée, ne se
termina. Par contre, les camps de Casseneuil, reçurent divers
occupants.
Si celui de La Glaudoune (le Bellerive actuel), se contenta d'héberger
des militaires français (Aviateurs, fantassins de l'Infanterie
Coloniale, ...) celui de "Sauvaud" dit aussi de "la Gare"
eut un plus triste destin.
Divers réfugiés, y furent accueillis tour à tour.
Dès 1939, des Espanols, exilés qui fuyaient le franquisme,
furent rassemblés dans les camps des Pyrénées-Orientales
en Groupes de Travailleurs Etrangers. Certains d'entre eux transférés
et cantonnés à Casseneuil en 1940, participèrent
à des travaux dans des fermes ou des entreprises et à
la construction des baraquements de La Glaudoune et du camp de la Gare.
Fin 1941, ils partirent sur le front Atlantique. En Normandie, réquisitionnés
par les Allemands ils édifièrent blokhauss et fortifications
du mur de l'Atlantique.
Beaucoup d'entre eux la guerre terminée, revinrent se fixer
en notre région où ils ont fait souche.
En Août et Septembre 1942 , autres "hôtes". Subrepticement,
à l'insu de la population locale, des Juifs raflés dans
notre département de Lot-et-Garonne où ils s'étaient
réfugiés, furent rassemblés au " Camp de la
Gare ". De là, après un long et affreux périple,
on les transféra à Drancy, à destination des camps
d'extermination Allemands.
Leur succédèrent en 1945 , des «Mongols»,
citoyens de l'U.R.S.S., qui avaient servi pendant les hostilités
dans les rangs Allemands. Provisoirement internés, avant leur
départ vers les Républiques Soviétiques, le mystère
demeure sur leurs origines, sur leurs actes et sur leurs destins. Dans
la mémoire collective, fortement marquée, car "ils
se baignaient nus", dans le Lot, ils ne purent qu'être déportés
en Sibérie ou dans des mines de sel (?). La réalité
fut-elle différente ?
Ces deux camps, La Glaudoune et la Gare, (et rappelez-vous, que la
décision de créer la Poudrerie, était un événement
qui allait influencer le devenir de Casseneuil) allaient être
dès 1959 , abandonnés par le Ministère de la Guerre.
La récupération des terrains et bâtisses fut à
l'origine d'une urbanisation accélérée et d'un
développement industriel nouveau.
Au Camp de La Glaudoune, se construisit la Cité de Bellerive
et ses logements sociaux. Ce fut localement la première expansion
urbaine et démographique moderne.
Au Camp de la Gare, les établissements Senchou Frères
utilisèrent comme dépôt ou comme logements du personnel,
les baraquements subsistants. Peu après, en 1963, allait se créer
à l'initiative de Pruniculteurs locaux une Société
d'Intérêt Collectif Agricole, « Sicapra
Moyen Lot »
Elle est à l'origine en 1970, de l'entreprise France Prune-
Maître Prunille, qui en commercialisant environ 30 000 tonnes
du Pruneau d'Agen fait de Casseneuil, la capitale française du
Pruneau d'Agen. Cette entreprise avec environ 450 employés permanents
sur le site de Casseneuil est l'élément économique
premier de notre Commune, surtout depuis le départ de C.C.R.F.
(successeur de Senchou Frères) et la régression des Constructions
Métalliques Dantin (successeur en 1964 des T.L.H.) maintenant
filiale du Groupe Fayat.
Casseneuil, à l'industrie agroalimentaire en difficulté,
avec une activité Prune assujettie au bon vouloir du cours du
dollar, dans une Vallée du Lot en proie à des problèmes
économiques conséquents, connaît bien sûr
quelques difficultés. Mais la revitalisation du vieux bourg,
avec son site rénové du bord de Lède (ancien quartier
des mariniers, des tisserands et des teinturiers) va stopper un phénomène
de paupérisation. La restauration de ce bâti ancien, difficile
de par la nature des matériaux et le contexte historique, est
une réussite. L'entreprise ne fait que commencer et le vieux
bourg évolue, se transforme, change d'image, se revalorise.
La presqu'île chargée d'histoire est aussi porteuse d'avenir.
La visiter n'est pas une prérogative réservée
aux seuls occupants du village de vacances des Trois Rivières
ou aux nouveaux navigants du Lot. Découvrir en bord de Lède,
le site rénové, l'ancien presbytère, l'ancien château
seigneurial présent depuis la Croisade, les maisons à
pans de bois dont les loggias surplombent la rivière, les moulins,
la cascade de la filature, est un vrai régal. L'ascension du
Pech Neyrat, vrai plaisir, par un sentier parfaitement aménagé
avec des paliers de stationnement et de repos, permet la découverte
d'une vue panoramique sur la presqu'île et la vallée du
Lot.
De par son contexte particulier de presqu'île, la qualité
de ses rives et de ses paysages, l'affabilité de ses habitants,
son potentiel économique, Casseneuil va une fois encore renaître
et redevenir un site majeur de la vallée du Lot. |
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Notes :
de CASSANO : chêne et IALO : Clairière
La Canso : Chanson de la Croisade Albigeoise
Gabarre : nom générique des bateaux
d'environ 50 tonneaux qui circulaient sur le Lot
Jacky Dubreuil
Mars 2005
Pour tout renseignement :
Association Cassanuelh Hier et Aujourd'hui
Chez Dubreuil Jacky, « Le
Landié » 47 440 Casseneuil
E-mail : jacky.dubreuil@wanadoo.fr
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